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Géraldine Tobe se penche sur la notion des différences et des races

Madagascar. Une ile et une source d’inspiration pour cette artiste congolaise. Se questionnant sur la notion de la différence, Tobe a traversé l’océan indien pour se poser sur cette ile multiraciale, aux influences asiatiques, africaines et européenne,  afin de dénicher. Non loin des approches anthropologiques ou sociologiques, elle s’immisce, questionne et participe.

Dans la ville d’Andoharanofotsy, la  « Famadihama » ou la cérémonie familiale  des « retournements des morts », une pratique ancestrale consistant à changer les linges de cadavres de proches, afin de s’attirer des bénédictions, dans une atmosphère  festive et carnavalesque  deux jours durant, n’a pas manqué d’inspirer cette artiste. Il s’agit, pour elle, d’une nouvelle manière de considérer la notion de la « mort » et le respect de la vision de l’autre.

Fumée, acrylique et grattage sur toile

Avec du feu, qu’elle  tord et presse son jus qu’est  la fumée, précieux sésame, qu’elle use comme  son pinceau pour  cristalliser  ses idées   sur des toiles aux fonds blancs, elle réalise des toiles grand format. Une action quasi-prométhéenne avec une  palette sur laquelle, trône l’omniprésence de la fumée noire, issue d’une lampe rustique, renforçant l’expression d’une atmosphère onirique.

La domestication de cette matière, instable, pour s’exprimer a  comme soubassement, la force et la volonté de briser les barrières  artistiques, sociétales, religieuses et politiques, par la liberté dans le choix des matériaux et d’expressions. Une mutation des matériaux à de fins esthétiques et philosophiques justifiant un processus créatif s’attablant sur  la  notion psychologique qu’on appelle la « projection ». Elle scrute et provoque, en fait, des attitudes. Les réactions épidermiques et superstitions  gangrénant sa société à travers des images peu orthodoxes qu’elle représente sur ses toiles. Des stimuli lui permettant de faire agir et réagir les âmes sensibles, tout en bousculant les backgrounds et les considérations culturelles perverses ; les clichés et des jugements basés sur des apparences.

Dans son travail, TOBE Géraldine a exploré, aussi, son  for intérieur et celui de son environnement. De tout  ce qu’elle a vécu, ce  à travers les variations domestiques dès son enfance jusqu’à présent. Ses sentiments intimes, ses états d’âme, ses humeurs, ses inquiétudes, ses pleurs et peines qu’elle moule et dote de  corps.

Une  exposition-restitution, sous le thème : « Sang couleur »,  se fera au centre d’art « Is’art la teinturerie », à Antananarivo,  ce 27 septembre. Un projet financé par une subvention de financement d’ANT de Pro Helvetia Johannesburg financée par la Direction du développement et de la coopération (DDC).

 

                                                                         Jean Kamba

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