Charles Djungu Simba publie «LA MANGEOIRE» (Interview)

L’écrivain Charles Djungu Simba vient de publier un nouveau roman intitulé «La MANGEOIRE» aux Éditions du Pangolin. Dans contexte très particulier, il a accordé cette interview.

Interkinois: Charles Djungu Simba, bonjour. Vous venez de publier un nouveau roman intitulé « La mangeoire ». Curieusement, je ne vous vois pas sacrifier au rituel devenu classique : présenter l’ouvrage à travers les médias traditionnels : méfiance ? Désintérêt vis-à-vis de ces médias ?
Charles Djungu Simba : Bonjour. Je ne me plie pas à une mode mais je réponds à une nécessité incontournable de notre temps. Beaucoup de ces médias « classiques »  (en RDC) soit ont montré leurs limites soit se sont discrédités en devenant des organes de propagande. Je me suis donc décidé de me tourner vers les réseaux sociaux en espérant que ceux-ci vont amener et les lecteurs et les médias classiques  à s’intéresser aux livres. 
IK : La mangeoire : Pourquoi ce titre ? Que voulez-vous dire ?
Charles Djungu Simba : (rires) J’espère que vous n’allez pas faire comme certains de vos confrères qui me demandent de résumer le livre pour eux.  La clef est à la porte. Suivez mon regard sur la couverture du livre. Ne cherchez pas loin de là où vous êtes : il y a toute sorte de mangeoires et le roman en fait largement écho. La mangeoire c’est à la fois des comportements, une « politique » de se nourrir sur la bête qu’est le Congo. Aux premières loges ceux qui sont  au haut sommet : les  grands prédateurs, les apparatchiks mais il y a mangeoire et mangeoire. Je vous renvoie au roman. Au fait, aux deux romans parce que la mangeoire est un roman dans un roman. D’ailleurs nous les écrivains aujourd’hui nous sommes dépassés par nos politiciens, es maître en fiction de toute sorte et fariboles insoutenables. La RDC est un gros roman : c’est la mangeoire !
IK : Contrairement à beaucoup d’écrivains, dans « La mangeoire » vous ne mettez pas de gant. A la lecture  de  ce roman, on ressent que votre plume est un peu plus , comment dirai-je…« courageuse »…
Charles Djungu Simba : Il n’y a aucun courage à tenter d’appeler les choses par leurs noms. J’ai toujours  en tête cette belle citation de Camus : « Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde. Ne pas nommer les choses, c’est nier notre humanité ». On croit souvent que l’écrivain est beaucoup plus à l’aise dans la fiction avec des lieux imaginaires mais on oublie qu’u roman doit d’abord s’assumer comme tel ! C’est de l’art, une fiction en lui-même, un monde à part entière. L’écrivain, contrairement à vous journaliste et aux historiens, n’est comptable que devant le vraisemblable et non devant la vérité et les faits. 
(Charles DJUNGU-SIMBA K, « La mangeoire », éditions du Pangolin, 2017, 136 pages.)
Interview réalisée par : Prince Djungu

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